Voici l'interview de Vincent Beauruelle du Sambo à Caen

Ludo: Bonjour vincent,
Vincent: salut ludo, bonjour à tous!


Ludo: Présente toi en quelques lignes?
Vincent: je m'appelle Vincent Beauruelle, j'ai 29 ans, je pratique le judo depuis l'âge de 6ans. Je fais également de la boxe anglaise, de la musculation et d'autres sports d'appoint depuis de nombreuses années. Entre 1997 et 2001, je me suis lancé avec mon frère Laurent dans différentes disciplines de combat libre : sambo combat, lutte contact, pankido. Ma double -compétence percussion-préhension me permettait de gagner des tournois, ou , au moins, d'être toujours bien classé.


Ludo: Depuis combien de temps pratiques-tu le sambo?
Vincent: je pratique le sambo depuis 1996. Je l'ai découvert avec Luc Liné lorsque j'étais étudiant à la faculté d'éducation physique de Caen. Pour moi, c'était très intéressant parce que cette pratique complétait celle du ju-jitsu à laquelle je m'initiait depuis 3 ans. Un copain, Frédéric Pageot, qui est maintenant arbitre international, m'a ensuite proposé d'intégrer le club de l'Université de Caen, également animé par Luc liné. J'en suis devenu entraîneur à partir de janvier 2000, lorsque Luc, occupé par ces fonctions de directeur, a décidé de déléguer une partie de ces cours.


Ludo: Pourquoi as-tu choisi le sambo en particulier?
Vincent: au début, je n'avait pas le choix! c'était un module obligatoire de mes études de sport!
Mais c'est grâce au sambo que j'ai découvert l'expérience et l'ambiance unique des compétitions nationales et internationales. Très vite, au sein du club, un noyau dur d'athlètes s'est formé. On est devenu un groupe soudé. C'était génial! On partait régulièrement en déplacement pour des stages ou des compétitions : Lituanie, Russie, Grèce, la France entière et pour moi maintenant : la Belgique! Dans toute ma pratique de combat, je n'avais jamais vu ça. Il faut dire que Luc Liné y était pour beaucoup.
L'autre aspect est que le sambo est avant tout un sport complet. Même si un combattant se spécialise, il connait tous les aspects du combat : pieds-poings, projections , sol...Il y a sept ou 8 ans , c'était la seule pratique ou je pouvais mêler boxe anglaise et judo, avec en plus des clés de jambes.


Ludo: Expliques moi les différentes sortes de sambo et lesquelles pratiques-tu?
Vincent: Il y a tout d'abord le sambo sportif, proche du judo (projection-sol) avec en plus les clés sur les jambes. C"est la discipline reine et aussi celle par laquelle s'initie tout samboiste, les plus jeunes, comme les plus âgés.
Il y a ensuite le sambo combat : tous les coups sont permis, ou presque (projections, frappes pieds, poings, genoux, travail au sol)! Les nouveaux règlements offres des perspectives très ouvertes : clés et étranglements debout par exemple.En Russie, les frappes au sol sont autorisées, mais pas en France , ni en Europe de l'Ouest en général. C'est à mon avis la discipline la plus dure du sambo, celle qui se rapproche le plus du combat "réel" (le KO est compté).Elle demande qui demande une préparation minutieuse et un mental solide!
Le troisième aspect du sambo, c'est le sambo défense , que je ne pratique personnellement pas en compétition. Il s'agit de démontrer des réponses techniques sur des défenses imposées. Cette disciplines comme le judo ju-jitsu , est intéressante par son aspect technique très riche.
c'est en sambo combat que l'on dénombre en France le plus de pratiquants. Beaucoup de judokas y trouve une discipline complémentaire.
personnellement, je suis monté plusieurs fois sur le podium en sambo sportif et j'ai fais une fois champion de France en sambo combat , à chaque fois chez les moins de 62 ou 68 kgs.


Ludo: Combien de combats as-tu à ton actif?
Vincent: J'ai arrété la compétition en 2004, après ma participation aux championnats d'Europe. Je ne saurai pas dire combien de combats j'ai à mon actif! peut-être une vingtaine en combat -libre et autant en percussion, contre des adversaires de niveau équivalent au mien ou meilleurs que moi! Et certainement 100 ou 150 en combat préhension (sambo sportif, lutte et judo).


Ludo: Comment as-tu connu le sambo?
Vincent: par obligation! (voir plus haut)


Ludo: Qui sont ou étaient tes instructeurs de sambo?
Vincent: Avant, j'avais déjà pratiqué pas mal de judo , mais mon premier prof de sambo a été véritablement Luc Liné. C'est à la base un prof de judo, qui est devenu maître d'URSS en sambo . Grâce à lui j'ai compris comment marchait le corps humain pendant une opposition ou une action en combat préhension. Il fonctionne en général de manière extrêmement logique! Luc m'a ouvert à la connaissance de mon activité. Il m'enseigne encore des principes toujours un peu plus subtils que je m'efforce à mon tour de transmettre.Comme tu le dis toi-même, dans les sports de combat, on ne peut pas s'ennuyer , il y a de quoi apprendre pour toute une vie.


Ludo: Que penses-tu du développement du sambo?
Vincent: C'est très appréciable de constater que dans certains pays (je pense à la Belgique bien sûr) ou certaines régions, les combattants se soient rendus compte que le sambo était inexistant au niveau officiel et tentent de remédier à ce problème. Certainement que les médias, par l'intermédiaire des "ultimates" et de certaines stars du combat (fédor...), y sont pour quelques chose. Je tiens seulement à faire remarquer que comme toute pratique sérieuse, le sambo demande un investissement important. Pour devenir un combattant , il faut savoir dépasser les modes. Quelqu'un qui débute aujourd'hui commencera peut-être à gagner des combats à un niveau honorable d'ici 5, 6, 7 ans, voire plus. D'ici là, l'effet de mode sera peut-être passé.


Ludo: Est-ce que tu pratiques d'autres arts martiaux?(même avant)
Vincent: en fait, je suis assez peu arts martiaux.! Je suis plutôt sports de combat. Je suis plus pour des sports avec un minimum de règles , mais ou les combattants se lancent à fond et en relative sécurité, plutôt que pour des activités tellement dangereuses qu'il est difficile d'envisager des combats sans s'équiper de toute une armure ! c'est mon point de vue personnel et il n'engage que moi et ceux qui sont d'accord avec moi!
Sinon je pratique le judo depuis plus de vingt ans (3e dan), j'ai fait du ju-jitsu pendant trois ans. Je pratique différents styles de boxes depuis l'âge de treize ans. Cette année, je me suis lancé dans la boxe française; Je l'ai trouvé très intéressante car j'ai rencontré de bons combattants; Et la difficulté en sport de combat me motive! J'ai également pratiqué la lutte libre et ai dispensé durant 4 années des cours de self-défense.


Ludo: Quels sont tes grades dans les arts martiaux?
Vincnent: ceinture noire 3e dan de judo et ceinture noire deuxième degrès de sambo sont les seuls grades que je possède .


Ludo: Quel est ton meilleur souvenir dans les arts martiaux?

Vincent: Je n'en ai pas qu'un! Disons que se fut ma deuxième place au championnat de France de sambo sportif en 2000 (je crois!?). J'avais battu au premier combat et contre toute attente, un excellent samboiste et judoka, qui l'ai d'ailleurs resté par la suite. Je venais de descendre de caté, avec régime et une bonne préparation, et ça avait payé. Aujourd'hui, en tant qu'entraîneur, je suis super-heureux lorsque des gens du clubs percent à leur tour.


Ludo: Quelle est la personne qui se démarque le plus dans les arts martiaux et pourquoi?
Vincent: Les arts martiaux sont un monde peuplé de gens admirables et d'autres peut-être plus douteux ! bref, c'est un monde comme les autres ! Je n'ai pas de nom en tête , honnêtement. Je ne suis pas tous les combats du pride, et je n'ai pas de vedette attitrée, que ce soit chez les champions , les entraîneurs ou les dirigeants. Désolé de rester ainsi dans le flou!
En revanche, j'admirerai un combattant de niveau international, qui tirerait dans plusieurs sports et fédérations ( judo, sambo, lutte, boxe par exemple) et deux ou trois grands rdv du combat libre pro, et qui, en plus, serait un type bien : fair play sur le ring et pas inutilement agressif. En fait , le champion idéal, pour moi, se remet régulièrement en question et ne se prend pas la tête. Je sais , je suis un rêveur, mais si vous en connaissez qui répondent à ce portrait, merci de me communiquer les noms.
Tu vois, peut-être que quelqu'un comme alexander kareline, plusieurs fois champion olympique et du monde de lutte , et dont on entend peu parler , représente l'archétype du Champion idéal : invincible et discret. Le problème est qu'il appartient a une autre époque!


ludo: Que penses-tu de la team-bachy?
Vincent: D'abord, comme on a déjà eut l'occasion d'en discuter, je pense que l'idée d'une team est excellente. Elle est porteuse en ce moment dans le monde des arts-martiaux et permet de souder un groupe autour d'une personne ou d'un esprit (ou les deux). Je connais un peu votre groupe et je le trouve animé d'un bon esprit. Comme je l'ai dit plus haut, c'est l'essentiel. D'ailleurs, l'idée d'une équipe est de toute façon excellente puisque les sports de combat sont des sports d'équipe. On apprend pas à se battre sur un ring ou un tapis uniquement en frappant sur un sac ou en levant des althères. A un moment ou à un autre , à l'entraînement , on a besoin d'un partenaire... ou d'un adversaire, même si les "outils" ont aussi leur utilité.

Ludo: As-tu un coup de gueule et un coup de cœur?
Vincent: Oui, je pense que le combat libre en général devrait pouvoir être pratiqué en tant que sport professionnel, au même titre que la boxe anglaise et suivant des règles rigoureuses sur l'éthique et la sécurité des combattants. Mais c'est à nous, la "génération montante", de construire cet édifice.
A côté de ça, je m'insurge sur le côté "boucherie" de certains combats, même si cette tendance disparaît avec la meilleure préparation des combattants actuels. On pratique un sport dur, mais ce n'est pas une raison pour laisser faire n'importe quoi. Il faut savoir ce qu'on veut : permettre à des personnes de s'épanouir grace à une pratique de combat complet ou l'exposer à des dangers ou à l'humiliation d'une défaite désastreuse. Nous, les entraîneurs, avons une responsabilité énorme à se niveau.
Je trouve personnellement qu'un bon combattant doit pouvoir être efficace sans être obligé de se servir de sa violence ou de son agressivité, qu'il doit savoir faire mal , mais pas inutilement.

Ludo: Cites moi une anecdote où tu as eu besoin de ton expérience?
Vincent:oui, dans la rue, dans des soirées , j'ai déjà vécu quelques risques; Heureusement , je n'ai jamais été blessé et je n'ai jamais vraiment blessé quelqu'un . En général, mon expérience m'a permis de faire face, mais avec plus ou moins d'efficacité. Se battre dans la rue n'est pas se battre dans le ring. J'ai été surpris de constater qu'une grande partie de ce qu'on sait faire ne sert plus à rien une fois sorti du contexte habituel. Un judoka est toujours désorienté quand il doit se battre contre un agresseur en tee-shirt et plus lourd que lui.
A coté cela, il faut reconnaître que certaines habitudes sont comme le vélo et ne se perdent pas : se relever rapidement lorsqu'on tombe, tomber sans se faire mal, se déplacer beaucoup, protéger sa tête et ses parties, regarder ce qui se passe et essayer de rester lucide le temps que ça se tasse! En fait , je pense que la bagarre de rue demande un entraînement spécifique! pour savoir se défendre dans la rue, il faut s'y battre souvent ! La rue est un milieu incertain. A une époque, la bagarre hors du dojo faisait partie de l' entraînement des élèves des écoles d'art martiaux : on lançait des défis à des adversaires choisis dans la rue et au hasard par le maître! Aujourd'hui, cette pratique serait bien sûr illégale!


Ludo: As-tu un message à faire passer aux pratiquants d'arts martiaux?
Vincent: l'important est de toujours s'entrainer, qu'on fassa de la compétition, qu'on enseigne ou qu'on s'amuse. Les arts martiaux ont cette caratéristique d'être tres riches, on découvre toujours quelque chose. c'est la raison pour laquelle nous devons rester humbles, je pense qu'on à toujours quelque chose à recevoir des autres: des débutants, des pratiquants d'autres disciplines, voir d'autres sports.


Ludo: Merci pour ta participation à cette interview
Vincent: merci à toi Ludo et merci à ceux qui auront le courage de me lire jusqu'au bout et de me répondre même pour m'incendier.


Ludo: A bientôt et bonne continuation dans les arts martiaux
Vincent: A bientot sur le tapis.


Ludo Bachy et Vincent Beauruelle

---------------------------------------------------------------

en haut de la page

Copyright © Team-Bachy

 

 

 

A-B-C
Vincent Beauruelle
Interviews