Voici l'interview de Gaël Coadic du Bugeï

Ludo: Bonjour Gaël,
Gaël: Bonjour Ludo


Ludo: Présente toi en quelques lignes?
Gaël: eh bien j'ai 45 ans. Je suis instructeur (tir, GTPI, sports, self-défense) dans la police française. Je pratique les arts martiaux depuis l'age de 12 ans. J'ai plusieurs ceintures noires et grades et j'ai combattu dans plusieurs disciplines.


Ludo: Depuis combien de temps pratiques-tu le Bugei et le jiu jitsu bresilien?
Gaël: J'ai commencé le jiu-jitsu Brésilien en janvier 96 à Rio, lors des premiers championnats du monde. J'ai ensuite créé le bugeï en 97.


Ludo: Pourquoi as-tu choisi le jiu jitsu bresilien et le bugei en particulier?
Gaël: J'ai toujours recherché une méthode complète et réaliste. Quand j'ai vu les premiers UFC j'ai compris ce qu'était un combat réel et j'ai replacé ces techniques dans un contexte plus « martial ».


Ludo: Combien de combats as-tu à ton actif?
Gaël: À vrai dire je n'en sais rien. J'ai combattu de nombreuses fois en judo, puis en full contact et ensuite dans diverses disciplines pour finir en combat libre et en jiu-jitsu Brésilien. Tout ceci en compétition, mais certains combats « improvisés » lors des entraînements furent encore plus durs.


Ludo: Comment as-tu connu le jiu jitsu bresilien?
Gaël: J'ai découvert le jiu-jitsu Brésilien dans les magazines et les vidéos en 95, je crois. Puis en 96 j'ai combattu au Brésil et en Europe, après avoir travaillé avec Renzo, Royler et Carlos Gracie junior, puis avec Remco Pardoel. J'ai ensuite travaillé avec André Vieira, Kazeka Muniz et je suis devenu le représentant de Carlos Machado.


Ludo: Qui sont ou étaient tes instructeurs d'arts martiaux?
Gaël: En judo mes premiers professeurs furent Messieurs le Gall et Le Goualch puis Urvoy et ensuite Pelletier. En full contact j'étais chez Daniel Renesson, j'ai fait de la boxe française avec Paturel, de la savate défense avec un Appino et Quequet, de la boxe Thaï avec Jean-François Bélanger etc... En fait j'ai appris un peu partout et dans beaucoup de styles différents.


Ludo: Que penses-tu du développement du bugei et du jiu jitsu bresilien?
Gaël: Le Bugeï se développe doucement mais sûrement. Il ne jouit pas de la notoriété que les médias accordent à certains, mais il a désormais sa place dans le paysage des arts martiaux. Nos compétitions attirent de plus en plus de combattants. Je pense que beaucoup de pratiquants ont trouvé là un réponse à leur démarche vers un certain réalisme.


Ludo: Est-ce que tu pratiques d'autres arts martiaux?(même avant)

Gaël: Comme je l'ai dit, j'ai pratiqué le judo, le jiu-jitsu, le karaté, la boxe anglaise, française et le full-contact, le taekwondo, le kibudo, la lutte contact, la savate défense, la lutte, le sambo, le grappling, le jiu-jitsu Brésilien, le combat libre, la self défense, le tonfa etc.


Ludo: Quels sont tes grades dans les arts martiaux?
Gaël : Je suis ceinture noire de judo, jiu-jitsu, kibudo, Shorinji jiu-jitsu, full contact, gant jaune de boxe française, gant rouge de savate défense, sixième dan de Bugeï, et ceinture marron de jiu-jitsu Brésilien.


Ludo: Quel est ton meilleur souvenir dans les arts martiaux?
Gaël: Il y en a plusieurs : tout d'abord la première ceinture noire (judo) en 77 et les premières victoires en championnats. Ensuite les premiers entraînements à Rio en 96 chez les Gracie. Puis ma rencontre avec Carlos Machado et enfin la sortie de mon livre de « combat total » qui est le résultat de plusieurs années de travail et dont je suis fier.


Ludo: Que penses-tu de la Team-Bachy notre groupe en Belgique?
Gaël: J'apprécie cette ouverture d'esprit. Ne pas se cantonner dans un seul style et enrichir sa science du combat. C'est aussi comme ça que je conçois les choses. Il faut garder les yeux ouverts pour évoluer et trouver son propre style.


Ludo: Quelle est la personne qui t'a marqué le plus dans les arts martiaux et pourquoi?

Gaël: Le premier fut Bruce Lee bien sur. Dans les années 70, il m'a ouvert les yeux sur la réalité des arts martiaux. Puis les Gracie et aussi (et surtout) Carlos Machado qui fut (et reste) mon Maître. En compétition j'aime beaucoup le style de "Minautoro" Nogueira, qui fait "taper" les plus forts.


Ludo: As-tu un coup de gueule et un coup de cœur?
Gaël: Des coups de gueule j'en aurais beaucoup ! Il y a tellement d'injustices ! Mais le fait que les tournois de combat libre soient quasiment interdits en France me tient beaucoup à coeur bien sûr. Il faut que tout le monde, à commencer par les pouvoirs publics, sachent que le combat libre est un sport avant tout et qu'il est sûrement moins dangereux que bon nombre d'autres sports.


Des coups de coeur, ce serait pour mettre en avant des gens dont on parlent peu et qui oeuvrent beaucoup pour développer nos disciplines en France. A commencer par Mathieu Nicourt qui fut un pionnier et qui va nous permettre très bientôt d'intégrer la Fédération française de Lutte. C'est une personne simple et honnête et il y en a peu dans ce milieu, croyez moi. L'autre personne est Florentin Amorim qui est le "numéro 2" du Bugeï. C'est un garçon humble et intelligent qui est à mes côté presque depuis le début. Il a accompli en compétition ce que je n'ai pas eu le temps de faire et montré l'efficacité de notre système, puisqu'il a battu plusieurs champions brésilien en grappling et en valetudo. Et avec la manière puisqu'il les a soumis.


Ludo: Cites moi une anecdote où tu as eu besoin de ton expérience?
Gaël: Mon expérience des arts martiaux me sert tous les jours dans mon métier d'instructeur "police". Cette asurance que j'ai par rapport au combat m'a servi dans différents conflits où je pense avoir impressionné mes "adversaires potentiels" et avoir ainsi éviter le combat. Sauf une fois il y a très longtemps où plusieurs types me sont tombés dessus et qu'il a fallu que je m'en débarasse très vite. J'ai été surpris par les techniques que j'ai utilisées. Ce n'était pas comme cela que j'aurais penser réagir. Ce fut édifiant !


Ludo: As-tu un message à faire passer aux pratiquants d'arts martiaux?
Gaël: Ne pas juger trop rapidement (en mal mais aussi en bien) mais être toujours vigilant. Ceci est valable vis a vis des gens mais aussi vis a vis des sports nous pratiquons. L'autre conseil serait celui-ci : Rien n'est figé et rien n'est acquis. Remettez vous (et ce que vous faites ) toujours en question. Prenez du plaisir à pratiquer et découvrir de nouvelles choses et vous serez encore sur les tatamis pendant de très longues années.


Ludo: Merci pour ta participation à cette interview
Gaël: C'est moi qui te remercie


Ludo: A bientôt et bonne continuation dans les arts martiaux
Gaël: Merci. Bonne chance à toi


Ludo Bachy et Gaël Coadic

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