l'interview de Bob Orlando du Kuntao-silat le 02 janvier 2006

Ludo: Hello Bob,
Bob: Hello Ludo.

 

Ludo: Présentes-toi en quelques lignes?

J’ai 61 ans. J’ai deux fils avec ma femme regrettée et deux petites-filles très belles. Dieu savait que je ne pouvais pas vivre seul et il m’a gracieusement donné l’occasion de rencontrer mon adorable nouvelle épouse, Mary-Jane. On est marié depuis quatre mois maintenant.
Professionnellement, je suis programmeur en Unix et ancien administrateur de systèmes. J’adore mon travail et j’ai publié plusieurs de mes logiciels sur mon site. Ma profession me donne un salaire pour moi-même et ma famille. Et il me permet de m’entraîner et d’enseigner les arts martiaux de ma propre façon. J’ai beaucoup de chance d’avoir cette liberté.
Ma pratique sérieuse des arts martiaux a commencé cinq ans après mon service militaire dans les Marines des Etats-Unis. Je suis absolument passionné d’enseigner ces arts que j’aime.


Ludo: Depuis combien de temps pratiques-tu le kuntao et le silat?

Depuis 21 ans maintenant. J’ai commence mon étude du à l’age de 40 ans.

 

Ludo: Pourquoi as-tu choisi le Kuntao et Silat en particulier ?

En fait, les arts (ou leur instructeur) m’ont choisi. Quand j’ai été introduit auprès du Kuntao et Silat, j’étais déjà ceinture noire avec 15 ans de pratique dans le Kung Fu et le Kenpo chinois. J’ai été introduit auprès du Kuntao et Silat quand j’ai rencontré Willem de Thouars à une démonstration d’arts martiaux local. Il y avait beaucoup de maîtres en démonstration ce jour la et il m’est encore un mystère pourquoi on m’avait demandé, mais j’étais-la.
Quand j’ai vu Willem de Thouars montrer son Kuntao-Silat, j’étais très impressionné. Il est un combattant formidable, un guerrier- pas uniquement un pratiquant d’arts martiaux.
Tendis qu’il y avait plusieurs de mes anciens professeurs sur place, je ne m’entraînais pas activement avec aucun d’eux à ce moment précis. Je pense que Willem a du avoir entendu cela parce qu’après ma démonstration, il est venu me voir et a dit « Mr. Orlando, vous êtes très bon. Voulez-vous vous entraîner avec moi ? » Je pensais que je rêvais. On lit souvent l’histoire des élèves qui doivent supplier le maître pendant des mois pour qu’il les considère en tant qu’élève potentiel. Willem ne faisait pas du tout cela. Evidemment, je n’ai pas hésité de prendre cette chance d’apprendre auprès de lui et on a commencé le vendredi suivant.


Ludo: Quels sont les différents styles se Silat que vous pratiquer ?

Formellement, je n’ai étudié qu’avec Willem. J’ai participé à de nombreux stages de ces trois frères et avec Rudy Ter Linden. Cependant, je ne considère pas que participer à un stage est une étude formelle donc c’est surtout avec Willem.
Cela-dit, Willem a étudie avec quatre professeurs de Kuntao et trois de Silat (n’oublions pas qu’il a grandi dans la famille du Pentjak Silat Serak). La profondeur de sa connaissance du Silat et Kuntao est énorme. Vous pouvez étudier avec Willem et apprendre des techniques d’une multitude de systèmes de Silat et Kuntao. Encore mieux, comme il est capable de comparer ces systèmes, il enseigne les choses qui sont applicables dans touts les systèmes. C’est à dire des techniques avec de bons principes de mouvements – des mauvaises techniques ne survivent pas parce que les personnes qui les utilisent ne survivent pas.
Pour moi, la force de Willem (et de son art, Kuntao-Silat) est qu’il combine avec efficacité les deux arts et utilise les points forts individuels de chacun. Pour cette raison, il est impossible pour lui d’enseigner du silat pur or du Kuntao pur. Comme j’aime cette approche, J’enseigne de la même façon. C'est-à-dire, ne pas séparer le Samill Petjut Silat du Siktwitang Silat, du Kendang Silat, du Tjimande, etc. J’enseigne l’art combiné du Kuntao-Silat. A partir de la j’intègre le couteau philippin, le bâton et le grappling (Concernant le grappling dans mon école : il est destiné uniquement à la self-défense, pas le ring. Dans le ring il y a des règles, pas dans la rue. Donc notre grappling n’est pas du tout adapté aux arènes des combats sportifs.)

 

Ludo: Qui sont ou étaient tes instructeurs d’arts martiaux?

Mes instructeurs formels étaient:

Robert Rapue: Kaju—En essence, sa combinaison personnelle du karate traditionnel, le judo, et le kung-fu.

Al Dacoscos: Kajukenbo et son Won hop kuen do kung fu.

John P. Cochran: Kenpo chinois.

Ronald Carlson: Kaju (il est un élève de Mrs. Robert Rapue) et le kung-fu.

Willem de Thouars: Kuntao-silat.

J’ai aussi étudié informellement (sans recevoir un grade) lest arts martiaux Philippins, le Garrote Larense, le Iaido et l’aiki-jutsu.

 

Ludo: Que penses-tu du développement du Kuntao et du Silat?

Il y a deux différences entre le Kuntao-Silat de Willem de Thouars et le Silat contemporain : L’influence Occidentale et la guerre. Cette influence ce manifeste dans l’héritage eurasien (Hollandaise-Indonésienne) de Willem. Cela veut dire qu’au lieu de s’accroupir au sol comme beaucoup de pratiquants de Silat, Willem préfère se battre debout. Ceci est complètement normal si on considère que la plupart de nous devront se défendre sur un sol de béton. Un autre aspect de cette Influence Occidentale est l’absence totale d’éléments mystiques dans son Silat. La plupart des Hollandais et Hollandais-Indonésiens ne voulaient rien savoir de magie, préférant largement la technique de frappes pratiques (pukulan) a ce coté ésotérique.
La deuxième différence est que Willem a étudié pendant et immédiatement après la deuxième guerre mondiale. De plus, lest arts qu’il a reçu avait pratiqué uniquement pour la survie. Il n’y avait pas de « olah raga », le sport. Ce que les anciens pratiquants faisaient n’était pas du tout un sport. Il n’y avait pas de règles, la seule chose qui comptait était la survie. C’est pour cette raison que le Kuntao-Silat n’est pas du tout applicable dans le ring. Nous nous battons de façon vicieuse, on triche et on ne respecte aucune règle. S’il y a quelque chose qui pourrait diluer le silat, c’est l’évolution d’un art de combat très efficace à un sport.

 

Ludo: Pratiquez-vous d’autres arts martiaux?

Oui, primordialement le kung-fu et le kenpo Chinois depuis 15 ans.

 

Ludo: Quels sont tes grades dans les arts martiaux?

Je détiens des ceintures noires en Kung-fu et kenpo Chinois, mais le certificat dons je suis le plus fier est celui que Willem de Thouars m’a donné en 1994.Il y a marqué « Guru, instructeur complet et gradé ». Tout le reste m’a préparé pour cela.

 

Ludo: Quelle est ton meilleur souvenir dans les arts martiaux?

Certains de tes visiteurs voudront peut-être une histoire avec plus de sang mais l’incident qui je me rappelle le plus est quand je sortais de la banque un jour. Tout à coup, on me tirait par l’épaule et je me retournais sans autre réaction. C’était un de mes anciens élèves qui était heureux de me voir et sans réfléchir m’a pris par l’épaule en disant « Salut Bob, chouette de te revoir. » C’est mémorable pour moi parce que je n’ai pas réagi en le cassant en mille petits morceaux comme si j’étais attaqué pour de vrai. J’ai eu confirmation ce jour là que j’avais dépassé le stade ou j’étais juste une arme prête à attaquer pour n’importe quel possible danger. J’avais réussi d’analyser une situation instantanément et conclure qu’il n’y avait pas de danger. Toutes mes excuses, je n’ai donc pas tué quelqu’un ce jour la. J

Ludo: Que penses-tu de la team-bachy ?

J’ai passé un bon moment à travailler avec votre Team Bachy. Les gens n’essayaient pas de collectionner plus de techniques, ils étaient très intéressés à apprendre les principes qui font fonctionner les techniques. Ceci est très important parce que si vous comprenez les principes, vous pouvez créer n’importe quelle technique au moment ou vous en avez besoin, quand vous êtes dans une confrontation réelle. Sa vous permet de ne pas devoir mémoriser des centaines de techniques, juste comprendre les principes de mouvement et du combat.

 

Ludo: Cites moi une anecdote où tu as eu besoin de ton expérience?

Ceci en est une autre que probablement peu de gens apprécieront. Un jour, j’allais chercher mon fils (qui est aveugle) à l’arrêt de bus. En marchant vers cet endroit, je voyais un ivrogne aller dans la même direction que moi. Alors j’ai croisé la rue et suis allé vers l’arrêt de bus via un autre chemin.
Quand je retournais vers ma voiture avec mon fils, il était là, entre moi et moi voiture, visiblement prêt à attaquer. J’ai positionné mon fils de façon que j’étais entre lui et l’ivrogne et décidais de marcher droit vers moi voiture. En y arrivant, je le regardais droit dans les yeux. Apparemment il pensait que j’étais une proie pas assez facile et il n’a rien essayé. Mons fils et moi somme partis sans problèmes.

Certains auraient peut-être voulu entendre que je l’aurais massacré mais battre un ivrogne n’est vraiment pas de quoi être fière de soi. Même ma grand-mère pourrait faire cela. Non, partir sans se battre était une meilleure solution. Mais avant qu’on pense que je suis trop fière de mon humilité, laissez-moi ajouter ceci : si j’étais un vrai maître de mes capacités et de mon art, j’aurais du allez plus loin. Comme je pouvais facilement le battre, n’aurai-je pas été une meilleure personne si, après avoir mis mon fils sein et sauf dans la voiture, j’aurais acheté cet homme de quoi manger ? Cela aurait été un plus grand teste de mes capacités. Malheureusement, je ne l’ai pas fait.


Ludo: As-tu un message à faire passer aux pratiquants d'arts martiaux?

Trois choses (deux philosophiques et une technique).
Premièrement, si vous voulez être rapide, entraînez-vous lentement. Il est vrai qu’un entraînement en vitesse est nécessaire en partie mais aller lentement est généralement mieux parce que ça développe de meilleurs angles.
Deuxièmement, essayez de comprendre les principes fondamentaux de votre art. Autrement dit, apprenez pourquoi vous faites quelque chose au lieu de juste retenir des techniques. Si vous savez pourquoi une technique marche bien, vous pouvez utiliser cette connaissance dans beaucoup d’autres techniques.
Finalement, dans votre pratique, ne vous entraînez pas de rater votre cible. Qu’est-ce que ça veut dire ? Considérez une cible qui est trop souvent raté à l’entraînement : les parties génitales. Quand ils les attaques, la plupart des pratiquants soit frappent la jambe (et ils ratent la cible) ou ils arrêtent le coup et ne touchent rien. Pourquoi ? Parce que le partenaire n’est pas assez intelligent de porter une coquille de protection. Je ne vais même pas adresser les excuses idiotes pour ne pas en porter une parce que le vrai point est que dans cette situation la, vous vous entraîner à rater votre cible. Ce que vous pratiquez en classe, vous reproduirez dans un combat réel. Donc ne vous entraînez pas de rater vos cibles. Il ne faut pas les toucher plein pot, mais il faut au minimum la frapper et faire un contact. Réfléchissez-y.

 

Ludo: Merci pour ta participation à cette interview

Avec plaisir.


Ludo: A bientôt et bonne continuation dans les arts martiaux.

A vous aussi mon ami.

Ludovic Bachy et Bob Orlando

 

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